3°) Augmentons la taille du problème

Publié le par Boz'

La Banque nous place (toujours) en situation "à prendre ou à laisser". Sous couvert d'une carte, elle nous contraint à accepter tout un package appelé "convention de compte". Ici nous jouons la surprise afin de passer ensuite à l'offensive si besoin. Car ces pratiques ressemblent  à de la "vente liée", et peut-être même à de "l'extorsion d'agréement".


J'ai donc retiré ma toute nouvelle "carte de paiement à autorisation systématique". D'abord je vérifie qu'elle fonctionne bien : tiens, surprise au distributeur, le retrait max autorisé est plus bas qu'avec ma carte de retrait basique et moins chère... et en magasin, okaiiii...

Sondage désagréable : Avez-vous déjà lu soigneusement le formulaire écrit en tout petit et les conditions générales qu'on vous présente au guichet, avant d'apposer le fameux "lu et approuvé"? Ne rougissez pas, moi non plus je n'ai pas la sérénité de le faire et les banques le savent bien. Surtout quand les autres clients soupirent bruyamment d'impatience derriere. Seule la guichetière a un petit sourire aimable... ou amusé car elle pense déjà "et un de plus, un!". Pendant sa formation commerciale on lui avait prédit ces scènes délicieuses, et enfin elle les vit en direct dès son premier stage. Trop cool, et nous en reparlerons.

Donc moi aussi je me suis fait piéger. De toute façon c'est "à prendre ou à laisser" si on veut une carte. Mais il n'est pas trop tard pour s'en offusquer.

Donc dans la série "je multiplie les sujets de discussion", une p'tite 3ème lettre de cadrage (serait-ce la dernière?... haha!). Cette fois-ci en lettre simple : c'est à la fois un test, et le moyen de rendre les choses plus faciles pour soi que pour l'autre, ce que les banques pratiquent sans vergogne depuis toujours. Cette 3ème lettre, en négociation pas très loyale, ça s'appelle "saucissonner la négo". Alors jouons!


(lettre simple)
Objet
: Demande d'explications, suite à ma demande de carte

Madame,

Lorsque j'ai retiré en agence la carte qu'il m'a fallu commander, votre collaboratrice ne pouvait répondre à mes interrogations et m'a dirigé vers vous spécifiquement. Je consacre donc ici à nouveau du temps et de l'énergie pour vous prier de m'expliquer ce que j'ai relevé comme étant des anomalies lors de cette souscription.

En voici une liste, pas forcément exhaustive. Car « l'avenant » du jj/mm/2009 va bien au-delà d'une simple demande de carte, contrairement aux arguments commerciaux servis au guichet et sous la pression d'une queue de clients qui attendent :

  • cet avenant fait référence à un contrat conclu, paraît-il, le jj/mm/2008, qui ne me rappelle rien et dont je vous demande donc une copie ;
  • sous prétexte d'une référence aux conditions de « Moneo », j'ai dû m'engager sur toute une « convention de compte » datée jj/mm/2008 et faisant 64 pages ;
  • pour cette convention, il m'a été demandé de signer en page 3 un « accusé de réception » sans que je puisse seulement feuilleter ce livret, page ensuite détachée et conservée par vous, et dont je vous réclame une copie portant ma signature ;
  • comme je le craignais, cette page ne semble pas être un simple bordereau de remise (ce qu'on m'avait dit) mais bien un nouvel agréement à l'ensemble des 64 pages ;
  • il semblerait également que cette page comporte une petite case qu'il faut avoir pensé à cocher (une fois de plus) sinon une partie de mes données serait commercialisée ;
  • le formulaire de retrait de la carte comporte à son tour une déclaration d'adhésion sans réserve. Le but de tout ceci est-il donc que, tôt ou tard, le client oublie de cocher une case ou s'engage sur ce à quoi il avait jusque là résister ?
  • Disposant jusqu'alors d'une autre carte « strictement personnelle » (de retrait) qu'il me faut cesser d'utiliser, je vous demande de me rembourser cette précédente carte ;
  • enfin je vous prie de justifier par la décomposition du prix des cartes, pourquoi un prix plus élevé conduit à des plafonds de retrait moins élevés (par jour et par mois) !

Tout ceci vient justifier et renforcer ma réclamation du [Episode-2] à laquelle vous n'avez pas répondu. Je pense que des spécialistes trouveraient à redire à ces pratiques et à les associer à des pratiques répréhensibles connues. Pour le moment j'attends un retour à vos strictes prérogatives bancaires, incluant la stricte réponse à ma demande de carte, celle-ci ne résultant pas d'une mode consumériste mais d'une urgente obligation.

Je vous prie de croire Madame à ma considération distinguée

[signé]
.

Les "pratiques répréhensibles" pourraient bien s'appeler "vente liée", "extorsion d'agréement"... mais n'accusons pas sans savoir ni si tôt, car nous nous priverions du plaisir (risqué, certes!) de la joûte.

Boz'

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